Je suis assise, seule sur les marches de ciment ; froides. Le sol rugueux abîme mes mains, mais j'aime sentir sa puissance sous mes doigts. Une légère brise caresse ma peau et me fait frissonner. Mes cheveux dansent au gré du vent, je respire le grand air et les feuilles sèches crépitent sous mes mouvements. Des centaines de petites fleurs se réveillent et s'étirent doucement, illuminées par les timides rayons de soleil. Un joli papillon vient parfois virevolter autour de l'inconnue que je suis, et qui perturbe l'équilibre de sa vie, tandis que le coton du printemps chatouille mon visage. Le chant des oiseaux, en équilibre sur une branche écorchée, résonne comme une symphonie, en mémoire aux animaux qui s'agitent.
(elle s'arrête et change de page)
J'aime ces moments, où tout me parait si simple, où il est tellement aisé de vivre. Je lève les yeux et contemple ce ciel bleu mais encore pâle. Ce n'est que lorsque le soleil atteindra son zénith qu'il révèlera sa vraie couleur tendre. Est-ce que quand le soleil illuminera ton visage, il me révèlera aussi ton c½ur ? Il n'y a que toi que je vois derrière moi, mais lorsque je me retourne, tu n'es plus là. Alors je ferme les yeux, et m'imagine encore dans tes bras. Et j'ai un peu froid, alors j'imagine ton souffle chaud sur ma peau ; je frémis.
Ici, loin de la réalité blessante, je refais mon monde où toutes les couleurs ne dessinent que ton c½ur ; d'un air rêveur...J'aime ce Bonheur...
Même s'il n'est éphémère, tu en fais parti.
F u j i m i.